1. Comment ont été constitués les groupes de travail ? On a l’impression que les critères sont arbitraires.
2. J'aimerais participer aux Etats généraux, comment faire? Comment participer aux auditions ?
3. Pourquoi les journalistes sont-ils exclus des Etats généraux ?
4. Les lecteurs ne semblent pas être très associés au processus. Comment justifier ce choix ?
5. A quoi servent les contributions mises en ligne sur le site ? Qui nous garantit qu’elles seront prises en compte ?
6. Quel est l'agenda des réunions ?
7. Pourquoi certains acteurs ou observateurs critiquent l’opacité, le manque de représentativité, voire de légitimité des Etats généraux ?
8. Comment croire que le gouvernement n’a pas déjà tout décidé à l’avance ?
1. Comment ont été constitués les groupes de travail ? On a l’impression que les critères sont arbitraires.
Les groupes de travail ont été constitués par les quatre chefs de pôle en essayant de concilier la représentation la plus large possible de l’ensemble des acteurs du monde de la presse (éditeurs, journalistes, imprimeurs, acteurs de la distribution, lecteurs, administration, experts….) et la possibilité de vrais échanges et d’un véritable travail en commun.
Chaque chef de pôle a été très libre dans la composition de son groupe. Bruno Frappat, par exemple, a choisi de constituer un groupe resserré, permettant des discussions en profondeur, et procèdera à des auditions des principaux acteurs concernés par son thème. Arnaud de Puyfontaine et François Dufour ont choisi pour leur part de constituer des groupes assez larges, qui ont ensuite été divisés en sous-thèmes de travail.
Au total, plus de 140 personnes sont membres des groupes de travail. Toutes les professions du monde de la presse sont représentées (journalistes, éditeurs, imprimeurs, ouvriers, dépositaires, diffuseurs….), de même que toutes les familles de presse (presse quotidienne et presse magazine, presse nationale et presse régionale, presse payante et presse gratuite, presse généraliste et presse thématique, presse papier et presse numérique…), ainsi que la plupart des titres les plus diffusés (le Monde, le Figaro, l’Humanité, Libération, les Echos, La Tribune, 20 minutes, Métro, le Parisien-Aujourd’hui en France, Rue 89, Ouest-France, La Montagne, La Voix du Nord, la Dépêche du Midi, Sud-Ouest, Valeurs Actuelles, l’Express, Paris-Match, Elle etc.).
Il y a lieu de préciser que toutes les organisations professionnelles qui ont demandé à participer aux Etats généraux se sont vu proposer de participer à des groupes de travail ou d’être auditionnées.
2. J'aimerais participer aux Etats généraux, comment faire? Comment participer aux auditions ?
Les groupes sont constitués et ne peuvent raisonnablement accueillir plus de participants. Vous pouvez en revanche contribuer directement sur le site en nous adressant une ou plusieurs contributions. De nombreuses auditions réservées aux professionnels sont par ailleurs prévues, soit à l'occasion de séances spéciales filmées depuis le Sénat comme cela a été le cas le 20 octobre dernier, soit à l'occasion des séances de travail des pôles de débats et de propositions ou de leurs sous-groupes de travail.
3. Pourquoi les journalistes sont-ils exclus des Etats généraux ?
Les journalistes ne sont nullement exclus des Etats généraux. De très nombreux journalistes et anciens journalistes y participent, de même que deux syndicats représentant les journalistes (le SNJ et la CFDT).
Ce qui est exact en revanche, c’est que le Forum des Sociétés de journalistes (Forum des SDJ) a décliné l’invitation qui lui avait été faite de participer aux Etats généraux. Deux membres de son bureau se sont vu proposer de participer aux pôles 3 et 4, et avaient donné leur accord, tandis que le Président de la Société des rédacteurs du Monde a été invité à participer au pôle présidé par M. Frappat. Mais, pour des raisons que nous ignorons, le Forum des SDJ a préféré ne pas participer.
Il convient de préciser, qu’à l’exception de quelques questions d’ordre juridique comme les droits d’auteur et le statut des journalistes, la plupart des questions relatives aux journalistes et au journalisme, en particulier celles relatives à la déontologie, à la confiance du public dans les médias et les journalistes, à l’avenir des métiers du journalisme, ne relèvent pas de la compétence directe de l’Etat, mais de la profession elle-même et de ses rapports avec les éditeurs. C’est à la demande de la profession qu’il a été convenu que les Etats généraux consacreraient une partie de leurs travaux aux questions relatives aux métiers du journalisme et à leur déontologie. Sollicité pour être un facilitateur du débat, l’Etat a répondu présent, mais ne s’est nullement imposé.
4. Les lecteurs ne semblent pas être très associés au processus. Comment justifier ce choix ?
Les lecteurs sont évidemment essentiels et les travaux du pôle présidé par François Dufour leur sont à cet effet très largement consacrés, au travers des questions de contenu, de confiance et de jeunesse. La difficulté est de trouver des personnes susceptibles de les représenter et de parler en leur nom.
Les sociétés de lecteurs sont évidemment des interlocuteurs naturels. C’est pourquoi le Président de la Société des lecteurs du Monde fait partie des membres du groupe de travail présidé par François Dufour. De même, il sera proposé à la présidente de la Société des lecteurs de Libération d’être auditionnée par le groupe présidé par Bruno Frappat.
Pour autant, cette représentation reste partielle. Il a donc été décidé de la compléter en associant aux travaux des Etats généraux des représentants des médiateurs et des sociologues des médias. De même, chaque titre de presse a été invité à ouvrir, sur son site Internet, un forum destiné à recueillir les observations de ses lecteurs, lesquelles feront partie intégrante des travaux des Etats généraux. La presse quotidienne régionale a ouvert, pour sa part, un forum permettant à l’ensemble des lecteurs de la presse quotidienne régionale de faire part de leur point de vue. Enfin, il est prévu de proposer aux associations de consommateurs et aux associations familiales d’être auditionnées.
5. A quoi servent les contributions mises en ligne sur le site ? Qui nous garantit qu’elles seront prises en compte ?
Les contributions mises en ligne sur le site et portées à l'attention du public comme des membres des pôles de débats alimentent les travaux des Etats généraux. Elles apportent une variété d'éclairages qui sont ensuite discutés en séance de travail et donnent parfois lieu à des auditions complémentaires.
6. Quel est l'agenda des réunions ?
Les groupes se réunissent généralement à un rythme hebdomadaire. L'agenda des Etats généraux est disponible à l'adresse suivante : http://ical.mac.com/etatsgeneraux/calendrier
7. Pourquoi certains acteurs ou observateurs critiquent l’opacité, le manque de représentativité, voire de légitimité des Etats généraux ?
Ce sont trois questions différentes. L’opacité est une critique totalement infondée, même si l’on peut toujours améliorer les choses et nous nous y efforçons. Avec plus de 140 participants, représentant toutes les familles et toutes les professions de presse, toutes les contributions écrites rendues publiques, les auditions filmées et un compte-rendu analytique des travaux de chaque pôle mis en ligne sur le site Internet des Etats généraux du jour au lendemain, difficile de parler d’un processus opaque.
S’agissant de la représentativité, les Etats généraux sont un processus de consultation qui associe, répétons-le, l’immense majorité des professionnels. Il ne s’agit pas et il ne pourrait d’ailleurs pas s’agir d’un processus de représentation, ni de décision. Une fois la consultation aboutie, le débat démocratique et la procédure de décision se dérouleront conformément aux règles de notre démocratie. Les conclusions des Etats généraux seront rendues publiques et seront soumises au débat, puis le gouvernement formulera ses propositions. Si tout ou partie des décisions retenues relèvent de la loi, le Parlement sera alors saisi et le débat démocratique aura lieu dans les conditions prévues par la Constitution.
Quant à la légitimité des Etats généraux, il est évidemment de la responsabilité du gouvernement de s’assurer que les règles législatives, réglementaires et financières (aides publiques à la presse) qui régissent le secteur de la presse sont adaptées aux contraintes et aux défis de ce secteur. L’Etat est dans son rôle en s’interrogeant sur la pertinence de la loi Bichet sur la distribution, l’efficacité et la répartition des aides à la presse, l’opportunité ou non de modifier les règles relatives à la concentration dans les médias…. autant de règles qui relèvent de sa compétence. A cet effet, il organise une consultation des professionnels et du public, qui prend la forme des Etats généraux de la presse écrite.
8. Comment croire que le gouvernement n’a pas déjà tout décidé à l’avance ?
Cela fait trente ans que les problèmes de la presse écrite sont connus. Des dizaines de rapports ont été écrits sur le sujet, dont beaucoup sont d’ailleurs consultables en ligne sur le site des Etats généraux. Dans ces conditions, il n’était pas difficile pour le gouvernement de fixer la liste des principales thématiques que devaient aborder les Etats généraux. Pour autant, si tout avait été décidé à l’avance, le gouvernement n’aurait pas organisé des Etats généraux de la presse écrite, processus ambitieux, public et exigeant. L’existence même des Etats généraux prouve que rien n’est déjà décidé. Au surplus, de nombreuses questions et propositions ont surgi à l’occasion même de la préparation du lancement des Etats généraux, confortant le gouvernement dans sa décision de mener ce processus de consultation de la manière la plus large et la plus ouverte possible.